Buenas noches, Jo

BUENAS NOCHES, JO

(Paroles : H.-F. Thiéfaine – Musique : Claude Mairet)

Morbac ascendant canular
Affilié au Human Fan Club
Je pousse mon feu sous mon cigare
Et m’jette au fond du premier pub
La barmaid qui joue Marilyn
Dans sa layette simili cuir
Me fait le plein de gazoline
En me caressant d’un soupir
Buenas noches Jo
Buenas noches babe

Puis j’descends la rue principale
En suivant les murs de l’asile
Ma carte d’handicapé spatial
Tendue vers les neuromissiles
Et pendant que les chiens savants
Se jouent leur Best of the QI
Je me tire chez les émigrants
Qu’ont des news au tarif de nuit
Buenas noches Jo
Buenas noches man

Soudain je t’aperçois petite
Entre un flipper et un juke-box
Frottant ton cul contre la bite
D’un hologramme de Rank Xerox
Et au moment où la machine
Te plaque sur son parking perdant
J’arrache ta fermeture de jean
Et m’engouffre dans ton néant
Et m’engouffre dans ton néant
Buenas noches Jo

La tête mouillée entre tes cuisses
Et l’oeil plombé de nostalgeo
J’voudrais rentrer dans ta matrice
Comme au vieux temps de ma létargeo
Quand je jouais avec la matière
Dans la chambre des éprouvettes
Au milieu des années-lumière
Et du rougeoiement des planètes
Buenas noches Jo
Buenas noches babe


On dit toujours “Thiéfaine parle de la mort”… mais on ne dit jamais que je parle de la pré-vie, de ce qu’il y a avant, des matrices…
Dans “Buenas noches, Jo“, le dernier couplet c’est ce qu’il y a avant !
Novembre 1985 – Sur la même longueur d’ondes n°16