Septembre rose

SEPTEMBRE ROSE

(Paroles : H.-F. Thiéfaine – Musique : H.-F. Thiéfaine et Claude Mairet)

Naufragé virtuose
D’un amour clandestin
Dans la métamorphose
Des embruns souterrains
Tu jaillis ruisselant
D’une vague utérine
Sur ce ventre brûlant
De tendresse féminine
Baby boy
Sweet baby boy
My baby boy

Ton premier cri réveille
De son écho brisé
L’ouragan qui sommeille
Dans mes veines oxydées
Et nos regards préludent
Le jeu de la pudeur
Quand par manque d’habitude
On s’méfie du bonheur
Baby boy
Sweet baby boy
My baby boy

Oh ! My son of the wind
My little wunderkind
Oh ! Mon septembre rose
D’amour apothéose
Baby boy

Passées les cruautés
Du théâtre organique
Tu retournes apaisé
Vers ta faune onirique
Où les miroirs d’automne
Reflètent à fleur de flamme
Ta jeune écorce d’homme
Eclaboussée de femme
Baby boy
Sweet baby boy
My baby boy


Un accouchement, presque en temps réel. Le premier accouchement auquel j’ai assisté. Celui de mon fils. Le premier contact avec un être. Le début de la communication… Et depuis un an et demi, je vis une révolution permanente, une réconciliation totale avec la vie. J’ai mis longtemps à faire ce choix entre la mort et la vie. Finalement j’ai choisi la vie, j’ai décidé de la transmettre… Maintenant il faut apprendre aux enfants à être libres, à faire des choix eux aussi. La vie est une course de relais. Il faut savoir dire aux suivants : “Désolé garçon, je n’ai peut-être pas très bien négocié mes cent cinquante mètres, à toi de rattraper les secondes perdues”. L’espoir est là, dans la course de relais. Il y a toujours des guerres de religions, des conneries, mais depuis cinq mille ans les choses ont quand même bien avancé. Les archaïsmes sont tenaces mais il faut continuer à se battre, nous les suivants, contre la barbarie, contre ses propres faiblesses. Il faut s’améliorer, améliorer la vie. Donc d’abord la donner.
Guitare & Claviers n°85 – 01/05/1988


Pour moi c’est une révolution dans ma vie la naissance d’un enfant. Je ne fonctionne plus pareil, je ne peux plus me laisser aller au désespoir maintenant, c’est combat, combat… Mon fils est né pendant que nous répétions l’album, l’énergie rock vient peut être aussi de là.
Music’n Show n°7 – Juin 1988