Du soleil dans ma rue

DU SOLEIL DANS MA RUE

(Paroles : H.-F. Thiéfaine – Musique : JP Nataf)

Y’a du soleil dans ma rue
Mais je ne sais pas quoi en faire
Dans les jardins de la vertu
Minerve s’habille en guerrière
Mais moi qu’ai rien d’un Mantegna
D’un Bellini, d’un Delacroix
Je la peins sous les traits d’un rat
Dans la poussière les bras en croix
Dans la poussière les bras en croix

Y’a du soleil dans ma rue
Mais je ne sais pas quoi en faire
Je me sens comme un ange déchu
Qui se serait trompé d’atmosphère
La première meuf que j’ai connue
M’a expulsé à 4 du mat’
Dans une maternité perdue
Qui fabriquait des automates
Qui fabriquait des automates

Y’a du soleil dans ma rue
Mais je ne sais pas quoi en faire
J’évolue et je vole à vue
Loin des circuits réglementaires
Avec mes pensées qui s’encrassent
Dans le froid de mes nuits d’exil
J’arrive plus à faire cette grimace
Qui sert de rire aux imbéciles
Aux imbéciles

Y’a du soleil dans ma rue

Y’a du soleil dans ma rue
Mais je ne sais pas quoi en faire
La fille du soldat inconnu
Me dit : “Putain, beau militaire !”
Avec l’arsenal souterrain
Planqué à l’abri de tes lois
Chacun des sept milliards d’humains
Peut être tué quarante-mille fois
Tué quarante-mille fois

Y’a du soleil dans ma rue
Mais je ne sais pas quoi en faire
Le soleil c’est vice et vertu
Mais la vie me visse à l’envers
Laisse-moi te prendre par la taille
Et me noyer dans tes cheveux
Sur le Capriccio de Kodály
Faisant semblant
Faisant semblant d’être amoureux


La connaissance du cosmos est beaucoup plus qu’un luxe pour homme cultivé. Elle est le fondement d’une conscience cosmique. Elle éclaire la lourde responsabilité qui nous échoit… La menace la plus grave provient évidemment de l’armement nucléaire. Les arsenaux des superpuissances sont aujourd’hui en mesure de nous tuer tous individuellement plus de quarante mille fois. Cela porte le nom sympathique d’overkill power.
Hubert Reeves – Patience dans l’azur : l’évolution cosmique (éditions du Seuil, 1981)