Bipède à station verticale

BIPÈDE À STATION VERTICALE

(Paroles : H.-F. Thiéfaine – Musique : Claude Mairet)

15 milliards d’années sont passés
Depuis cette affaire de big-bang
Vieux singe au coeur fossilisé
J’ai des rhumatismes à ma gangue
Avec mon parachute en torche
Et ma gueule de Caterpillar
Paraît qu’je viens d’une catastrophe
Mais les dieux sont pas très bavards

Bipède à station verticale
Toujours faut se tenir debout
Bipède à station verticale
Parfois, parfois
J’ai la nostalgie d’la gadoue

Malgré le computeur central
Qui veille sur la zoo-clinique
J’suis l’animal bluesymental
Aux vieux relents d’amour gothique
J’tombe amoureux des éprouvettes
Avec lesquelles je dois flirter
Pour l’usine de stupre en paillettes
Qui garantit mon pedigree

Bipède à station verticale
Toujours faut se tenir debout
Bipède à station verticale

La nuit je fouille les no man’s lands
Comme un hibou décérébré
Cherchant le message d’un Atlante
Ou la formule d’un initié
Câblé sur X moins zéro
A l’heure des infos galactiques
Je mets mon badge ecce homo
Et j’suis fier d’être un con cosmique

Bipède à station verticale
Toujours faut se tenir debout
Bipède à station verticale
Parfois, parfois
J’ai la nostalgie d’la gadoue


Jadis, dans “Bipède à station verticale”, vous écriviez : “Parfois j’ai la nostalgie de la gadoue”.
J’évoquais notre côté animal. La tentation de se vautrer dans la boue ou de se détruire, alors qu’on a opté pour autre chose…
Avril 1988 – Paroles & Musique n°6