Dies olé sparadrap Joey

DIES OLÉ SPARADRAP JOEY

(Paroles : H.-F. Thiéfaine – Musique : Claude Mairet)

Coincé entre deux bidons d’huile
Dans ce motel désaffecté
J’prends des notes sur la chute des tuiles
Et sur les corps coagulés
’cause les ramoneurs du racket
M’ont passé à l’attendrisseur
J’ai trois tonnes de trous dans la tête
Et un tomahawk sur le coeur

Dies olé sparadrap Joey
Douc’ment les filles faut pas flipper
La bidoche est faite pour saigner

J’filais cette môme un peu mariole
Qui frimait dans sa Studebaker
Mais j’ai dû forcer sur la gnôle
Au lieu d’bosser mon Bullworker
J’me suis r’trouvé au Chaparal
Ce rade où rôdent les rattlesnake
Entre de fausses Lauren Bacall
Et des Bogart à moitié cake

Dies olé sparadrap Joey
Douc’ment les filles faut pas flipper
La bidoche est faite pour saigner

La suite m’a laissé amnésique
J’ai coulé dans mon bathyscaphe
Sous des uppercuts olympiques
Qui m’défonçaient le sismographe
J’ai récupéré ma carcasse
Dans une piaule de cette taule en ruine
Où ça r’niffle la vieille radasse
Qui met du gasoil dans son gin
Si un jour je r’trouve la mémoire
Et deux-trois bières pour ma moquette
J’balancerai à la Série noire
Un truc à faire chialer Hammett

Dies olé sparadrap Joey
Douc’ment les filles faut pas flipper
La bidoche est faite pour saigner


J’aime bien Hammett, c’est presque le symbole du roman noir ; mais ce qui m’intéresse surtout, c’est dans le décor, des détails. Ce n’est pas important, ce n’est pas ce qui fait la chanson, mais ça fait, justement, que ce n’est pas gratuit. “Dies ole” est un peu à part (…)
A l’origine je voulais écrire un bouquin, une “série noire” et puis j’ai capoté à trente pages. J’ai enlevé le suspens, je n’ai gardé que le décor, l’atmosphère…
Paroles & Musique n°69 – Avril 1987


Dies olé Sparadrap Joey
J’adore cette chanson : elle est pleine de détails, de sortes de dialogues ; elle provoque beaucoup d’images. Je commençais l’album Météo Für nada et j’avais le syndrome de la page blanche depuis 3 mois. Et puis, tout s’est débloqué quand j’ai achevé ce morceau. Après j’ai avancé très vite. 3 mois plus tard, le disque était terminé.
La Dépêche – 28/09/2018