Confessions d’un never been

CONFESSIONS D’UN NEVER BEEN

(Paroles : H.-F. Thiéfaine – Musique : JP Nataf)

Les joyeux éboueurs des âmes délabrées
Se vautrent dans l’algèbre des mélancolies
Traînant leurs métastases de rêve karchérisé
Entre les draps poisseux des siècles d’insomnie
Ça sent la vieille guenille & l’épicier cafard
Dans ce chagrin des glandes qu’on appelle l’amour
Où les noirs funambules du vieux cirque barbare
Se pissent dans le froc en riant de leurs tours

J’ai volé mon âme à un clown
Un cloclo mécanique du rock&roll cartoon
J’ai volé mon âme à un clown
Un clone au coeur de cône du rêve baby baboon
J’ai volé mon âme à un clown

Je rêve d’être flambé au dessus du vésuve
& me défonce au gaz échappé d’un diesel
À la manufacture métaphysique d’effluves
Où mes synapses explosent en millions d’étincelles
Reflets de flammes en fleurs dans les yeux du cheval
Que j’embrasse à Turin
pour en faire un complice
Ivre de prolixine & d’acide cortical
Je dégaine mon walther ppk de service

J’ai volé mon âme à un clown
Un cloclo mécanique du rock&roll cartoon
J’ai volé mon âme à un clown
Un clone au coeur de cône du rêve baby baboon
J’ai volé mon âme à un clown

Bien vibré bien relax en un tempo laid back
Rasta lunaire baisant la main d’oméga queen
Je crache dans ma tête les vapeurs d’ammoniac
D’un sturm und drang sans fin au bout du never been
Fac-similé d’amour & de tranquillisants
Dans la clarté chimique de ma nuit carcérale
Je suis l’évêque étrusque, un lycanthrope errant
Qui patrouille dans le gel obscur de mon mental

J’ai volé mon âme à un clown
Un cloclo mécanique du rock&roll cartoon
J’ai volé mon âme à un clown
Un clone au coeur de cône du rêve baby baboon
J’ai volé mon âme à un clown


Quelles sont les chansons dont vous êtes le plus fier ?
«Les dingues et les paumés», extrait de l’album Soleil cherche futur (1982), que je ne me lasse pas d’interpréter. Et «Confessions d’un never been».
CNews – 27/09/2018


Confessions d’un never been
Là encore, une de mes chansons préférées. J’aime la tournure du texte et de la musique. J’ai travaillé avec JP Nataf : on est sur la même longueur d’onde, on aime les labyrinthes et on s’y perd avec plaisir. Mais attention aux chanteurs néophytes : c’est compliqué à reprendre, il y a deux-trois petits pièges !
La Dépêche – 28/09/2018