Friedrich NIETZSCHE (1844-1900)

Friedrich Nietzsche est un philosophe allemand né le 15 octobre 1844 à Röcken, près de Leipzig.

Il a cinq ans lorsque son père, pasteur, meurt prématurément. Il vivra une enfance solitaire et studieuse entouré de sa mère, sa soeur et ses deux tantes. Nietzsche est un enfant précoce, un génie : à l’âge de dix ans il compose des fantaisies et des mazurkas au piano, écrit des poèmes et des tragédies.

En 1859, au collège de Pforta, Nietzsche découvre les auteurs grecs : Sophocle, Eschyle, Platon. La culture grecque et latine l’influencera profondément. En 1861, il trouve son inspiration en lisant Schiller, Hölderlin et Lord Byron. Il commence à souffrir de maux de tête et de troubles visuels. En 1862 il étudie à Bonn la philologie classique (latin et grec ancien) et la théologie.

A part ça tout va bien comme dit Schopenhauer

L’année suivante, à l’université de Leipzig, il reçoit sa vocation philosophique à travers la lecture enthousiaste de l’œuvre de Arthur Schopenhauer qui influencera beaucoup sa pensée avant qu’il ne s’en détache.

Dis-moi qui tu suis, je te dirai qui je hais

Le 31 juillet 1867, il achève la rédaction de son travail sur Diogène Laërce en tête duquel il met une devise empruntée à Pindare : « Deviens ce que tu es » (en grec : « genoi oios esti ») qu’il présentera et grâce auquel il remportera le concours de philosophie en 1868.

En 1899, il est nommé professeur de philologie classique à l’Université de Bâle, à 25 ans, sans thèse et sur simple recommandation de son professeur de philologie. Engagé volontaire comme ambulancier et infirmier pendant la première guerre franco-allemande, il tombe gravement malade de diphtérie et de dysenterie.

Et puis dans la naissance de la tragédie
Et dans Winnie

Nietzsche se noue d’amitié avec Richard Wagner qui lui apparaît comme l’Eschyle des temps modernes, à qui il lira en 1871 le manuscrit de “La naissance de la tragédie”. Sa publication en 1872 déclenchera les réactions hostiles des milieux universitaires mais lui vaudra les éloges enthousiastes de Wagner.

Vers 1873, il ressent les premières manifestations de maux de tête et de troubles oculaires. Sa maladie et le développement de sa pensée vont le plonger dans un isolement de plus en plus grand. En mai 1878, Nietzsche doit quitter son poste de Bâle.

J’vais p’t’être encore attendre avant d’mourir d’amour
J’entends des cons qui causent d’un éternel retour

C’est pendant l’été 1881, au cours d’une promenade près de Sils Maria “à six mille pieds au-dessus de l’humanité” que Nietzsche atteint la certitude vécue de “l’Eternel Retour”. C’est alors que surgit “à côté de lui” son “double”, Zarathoustra.

Oui dans Winnie
Also sprach Winnie l’ourson

En 1882, il publie Le Gai Savoir qu’il qualifiera lui-même d’introduction à Ainsi parlait Zarathoustra (Also Sprach Zarathoustra), achevé d’écrire en 1885. En y déclarant que “Dieu est mort”, Nietzsche considère la religion comme un alibi devant la faiblesse humaine et le malheur. Il y développera également son concept de “Surhomme” (Übermensch), être exceptionnel libre de toute servitude, qui saura assumer sa finitude. Par sa finesse d’analyse psychologique, Nietzsche peut être considéré comme un précurseur de Freud.

Je mets mon badge ecce homo
Et j’suis fier d’être un con cosmique

À partir de 1886, le rythme des publications s’accélère. “Ecce homo”, autobiographie provocatrice et parodique, a été écrite au crépuscule de son existence lucide à l’automne 1888 et publiée à titre posthume.

Reflets de flammes en fleurs dans les yeux du cheval
Que j’embrasse à Turin pour en faire un complice

Le 3 janvier 1889, sur la place Carlo Alberto à Turin, Nietzsche est pris d’une crise de démence et embrasse un cheval de fiacre qu’un cocher vient de frapper puis tombe sans connaissance. Nietzsche a perdu définitivement son “identité”. Il n’écrira plus et, bientôt plongé dans un mutisme total, il continuera parfois de jouer un peu de musique.
Friedrich Nietzsche meurt le 25 août 1900 sans jamais avoir eu conscience qu’il était devenu célèbre.

Le jeu de la folie est un sport de l’extrême
Qui se pratique souvent au bord des précipices