MOÏSE

Voyant d’un mauvais œil la prospérité et la puissance du peuple des enfants d’Israël, le nouveau Pharaon ordonne aux sages-femmes Égyptiennes d’exterminer tout nouveau-né hébreu de sexe masculin (Exode I).

Ne pouvant plus dissimuler son bébé de trois mois, une femme de la tribu de Lévi le place dans une corbeille qu’elle dépose sur le Nil. Venue se baigner dans le fleuve, une fille de Pharaon découvre l’enfant. Malgré son origine qui ne laisse de place au doute, elle décide de l’adopter et le confie quelques temps, contre salaire, aux soins nourriciers de sa mère naturelle. Elle le nommera Moïse parce qu’elle l’avait « tiré des eaux » et l’élèvera à la cour du pharaon, loin des siens (Exode II, 1-10).

Un jour, Moïse surprend un contremaître égyptien maltraitant un esclave hébreu, se jette sur lui, le tue et l’enfouit dans le sable. Son secret ébruité, il s’enfuit dans le désert des Madianites où vivent des tribus nomades (Exode II, 11-15).

J’ai simplement prononcé ces quelques mots :
Dis-moi qui tu suis, je te dirai qui je hais !

Les années ont passé et Moïse garde les troupeaux de son beau-père non loin du mont Sinaï. Là, il est attiré par un phénomène étrange : un buisson semble en feu, mais ne se consume pas. La voix de Dieu se fait entendre et lui révèle son nom, Yahvé (« Je Suis »). Ce dernier lui confie la mission de délivrer son peuple et de le guider vers le pays de Canaan (Exode III), et ainsi d’accomplir la promesse faite à Abraham, son ancêtre (Genèse XVII, 6-9).

Moïse retourne donc en Égypte. Malgré l’éloquence de son frère Aaron qui l’accompagne, le nouveau Pharaon refuse obstinément de rendre sa liberté au peuple Hébreux (Exode V à XI).

Dès lors, l’Égypte voit s’abattre sur elle les dix plaies de la négociation ratée. Le fils du souverain n’échappant pas à l’ultime sanction divine, Pharaon se résigne enfin à laisser partir les hébreux, 430 ans après leur arrivée en Egypte (Exode XII, 29-41).

Vers 1250 avant notre ère, les Hébreux entament ainsi leur longue pérégrination, guidés le jour par une colonne de nuée et la nuit par une colonne de feu (Exode XIII, 21).

Ils passent par le désert de la mer des Roseaux, une zone marécageuse située entre l’extrémité de la Mer Rouge et la Méditerranée. Alors qu’ils sont bloqués devant ce bras d’eau, Moïse sépare les eaux de la mer rouge en deux pour permettre à son peuple de passer à sec. Il referme ensuite les eaux sur les troupes de Pharaon qui s’étaient finalement lancées à leur poursuite (Exode XIV).

Arrivés au mont Sinaï, Moïse monte au sommet et y reste quarante jours et y reçoit de Dieu le décalogue, c’est à dire les fameux dix commandements (Exode XX, 3-17) ainsi que les lois et instructions qui guideront la vie sociale et religieuse du peuple d’Israël  (Exode XXI à XXIII).

Moïse qui a perdu la foi
Joue le veau d’or au strip-poker

Moïse s’absente de nouveau pour boire les paroles de Dieu. Les hébreux s’impatientent et pressent Aaron de leur confectionner des dieux qui guident leurs pas. Aaron s’exécute et fabrique un veau en or à partir des bijoux du peuple hébreux, suscitant la colère de Dieu (Exode XXXII).

Deux ans après leur sortie d’Égypte, les Hébreux sont aux portes du pays de Canaan. Moïse envoie douze espions, un par tribu, pour vérifier si le pays pourra les accueillir. A leur retour, quarante jours plus tard, ils décrivent un pays occupé par des peuples bien plus forts qu’eux. Le peuple en arrive à regretter d’avoir quitté l’Égypte. (Nombres XIII).

Pour les punir de leur manque de confiance, Dieu les condamne à errer quarante ans dans le désert, le temps que la génération de ceux qui sont sortis d’Egypte soit totalement remplacée (Nombres XIV).

Moïse, quant à lui, meurt à l’âge de cent vingt ans sur le mont Nebo, en ayant tout juste eu le temps de jeter un regard sur la Terre promise (Deutéronome XXXIV, 01-07).

Avec ma terre promise en kit
Et ma dysenterie en solo

Jean-Baptiste van Loo – Moïse et le buisson ardent (1714)