NOSTRADAMUS (1503-1566)

Michel de Nostredame est né le 14 Décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence, une vieille citée gallo-romaine. Descendant de la tribu juive d’Issacar, son patronyme est celui qu’avait choisi son grand-père paternel lors de la conversion de sa famille au catholicisme.

Je me souviens d’étoiles filantes
Distordues dans les galaxies

Michel reçoit l’éducation de son arrière-grand-père maternel, un médecin, botaniste, astronome et humaniste qui lui inculque le goût de la médecine et des étoiles. Il débute des études classiques de rhétorique et grammaire en Avignon, cité Papale toute proche, puis s’inscrit en 1521 à la faculté de médecine de Montpellier.

La peste a rendez-vous avec le carnaval
Les cytomégalos dansent avec arlequin

Lorsque la peste arrive d’Italie en 1526, les jeunes étudiants en médecine se dispersent et tentent de combattre l’épidémie. En octobre 1529, Michel de Nostredame reprend ses études de médecine à Montpellier à l’issue desquelles il pratiquera la médecine ambulante dans le midi de la France, soignant çà et là des pauvres mais également des notables.

Dans une alchimie romantique
Mes actions d’amour dévaluées
M’ont laissé des larmes à crédit

En 1531, il se marie avec Anne de Cabrejas, une jeune catalane de Perpignan à laquelle il avait vendu un philtre d’amour. En 1533, il s’établit à Agen où il pratique la médecine de soins à domicile. Vers 1537, sa femme et ses deux enfants périrent, vraisemblablement emportés par une nouvelle épidémie de peste.

Tu voudrais franchir la lumière
Et t’exiler loin de la terre

En 1538, le Tribunal de l’Inquisition de Toulouse le soupçonne d’avoir fréquenté “un mécréant qui sentait le fagot”. Michel de Nostredame juge plus prudent de se faire oublier et entreprend un Tour de France.

A l’automne 1544, à la suite de pluies abondantes et d’inondations considérables en Provence, la peste sévit de nouveau. En 1546, il se rend à Aix-en-Provence et combat, neuf mois durant, le terrible fléau. Là, il préconise de sévères mesures d’hygiène pour enrayer le mal par le nettoyage systématique des maisons et des rues. Il perfectionne également son remède expérimenté une décennie auparavant. C’est alors que ses pairs commencent à le soupçonner de pratiquer la sorcellerie.

Doux chaman en exil, interdit de sabbat
Tu pressens de là-haut les fastes à venir

Pour éviter tout mauvais procès, il s’établit comme médecin à Salon-de-Provence, où vit son frère Bernard. En novembre 1547, il épouse en secondes noces une jeune veuve, Anne Ponsard, qui lui donnera trois filles et trois garçons. Il fabrique et vend lui-même toutes sortes de fards et onguents.

A partir de 1549, il publie, sous le pseudonyme Nostradamus, ses almanachs et pronostications pour l’année à venir. C’est leur succès qui lui inspire un projet de recueil de plus grande portée, les Prophéties ou Centuries. En 1555, il publie donc la première édition composée des trois premières centuries et d’une partie de la quatrième. La dernière édition comptera quant à elle dix centuries, soit 942 quatrains.

Peuples gores et peineux, aux pensées anomiques
Nations mornes et fangeuses, esclaves anachroniques
Qui marchent lentement sous l’insulte et la trique
Des tribuns revenus de la nuit soviétique

Cette publication lui vaut d’ailleurs, en ces temps d’inquisition, une comparution devant le Parlement de Dijon. L’auteur se défend en se présentant non comme devin, mais comme mathématicien et astrologue, affirmant que c’est par de longs calculs et des observations astronomiques qu’il parvenait à déduire certains événements à venir.

Tu me tends ton ticket pour la foire aux zombies
Et m’invites à trinquer au doomsday qui se lève

Passionnée par l’astrologie et les sciences occultes, Catherine de Médicis fait venir le médecin provençal à la cour. Le 15 août 1555, jour de la fête de Notre Dame, il établit l’horoscope des enfants royaux et formule la célèbre prédiction qui, plus tard, sera attribuée à la mort accidentelle du roi Henri II au cours d’un tournoi de chevalerie (Centurie I, Quatrain 35).

En 1564, Catherine de Médicis et Henri de Navarre (le futur Henri IV), lui rendent visite. À cette occasion, la reine le nomme médecin et conseiller du roi.

Dans le grand jeu des anonymes
La fiction s’adoube au virtuel

Traité d’hérétique et de sorcier par plusieurs auteurs dont certains anonymes, Nostradamus leur répond dans une strophe en latin, inspirée d’un ouvrage de Petrus Crinitus (1504) et que l’on trouve à la fin de la sixième centurie de l’édition de 1568 :

Legis cantio contra ineptos criticos.
Quos legent hosce versus maturè censunto,
Profanum vulgus & inscium ne attrectato :
Omnesque Astrologi Blennis, Barbari procul sunto,
Qui aliter facit, is ritè, sacer esto.

Incantation de la loi contre les critiques ineptes
Que ceux qui liront ces vers y réfléchissent mûrement:
Que le vulgaire profane et ignorant n’approche pas:
Arrière tous les astrologues, les sots, les barbares!
Que celui qui agit autrement soit maudit selon les rites!

Débris distordus de Skylab
Fossilisés sur ta moquette

Nostramus meurt à Salon le 2 juillet 1566, probablement des suites d’une sévère crise de goutte. Il aurait prédit de nombreux séismes, inondations, typhons, incendies et éruptions volcaniques pour la période 2018-2025 dont la plupart se sont déjà réalisées. Souhaitons néanmoins que le déclenchement de la troisième guerre mondiale par l’assassinat du pape ne soit que le fruit de spéculations morbides.

Pour un enfer climatisé
Médiocratie… médiacrité !


Nostradamus – Ses Prophéties 1948-2023